Le dernier ouvrage du biographe de Harry et Meghan, Omid Scobie fait polémique en Grande-Bretagne.
Omid Scobie, jeune reporter de 42 ans, vient de publier son deuxième ouvrage d’enquête, Endgame, traduit en français par Fin de règne et dans lequel il narre l’histoire des Sussex (Harry et Meghan), depuis leur départ d’Angleterre, en janvier 2020.
Ce nouveau livre polémique paraît dans des circonstances bien choisies, avec la sortie de la dernière saison de The Crown, sur Nextflix, qui débute avec la mort de Diana et qui contribue à raviver les mauvaises souvenirs des années 1990, où Elisabeth II et l’héritier d’alors, Charles, étaient tombés en disgrâce auprès des médias.
Ensuite, il y a le procès initié par Harry, contre le quotidien britannique Daily Mail, sur le prétendu piratage de son téléphone, qui fait de la publicité au prince exilé.
Enfin, l’approche de Noël est bien-sûr idéale pour favoriser les ventes.
Mais que peut donc raconter Omid Scobie dans ses 400 pages de récit ? N’en a-t-on pas assez des polémiques et des complaintes d’Harry et son épouse ? Manifestement, ce journaliste britanno-iranien, n’a qu’un désir : exposer une fois de plus les divisions de la famille royale et son hostilité à l’égard du couple exilé dans son paradis californien.
En parcourant l’ouvrage, on croirait lire un réquisitoire contre Charles III, Camilla, William, Kate et la princesse Anne, la soeur cadette de Charles.
Le prince William : un frère distant et indifférent
William est décrit comme un successeur froid, égocentrique, avide de pouvoir, au point qu’il s’est éloigné de son père, Charles III, dont il souhaiterait prendre la place au plus vite.
Mais pire encore, lorsqu’Elisabeth II était souffrante, début septembre 2022, William n’aurait même pas prévenu son frère cadet, qui a suivre l’évolution de l’état de sa grand-mère via la BBC. Le 9 septembre, alors qu’Elisabeth II était mourante, Harry a dû se rendre tout seul au château écossais de Balmoral, dans un vol à 30 000 £. Il aurait appris la mort de sa grand-mère sur le tarmac de l’aéroport d’Aberdeen, en écoutant la BCC, comme tout le monde.
“A Aberdeen raconte Omid Scobie, le temps était orageux et l’avion de Harry a dû tourner plusieurs fois avant de pouvoir atterrir. Le service de presse de Buckingham était à bout […] et, à 18h30, la mort de la reine était officiellement annoncée. Vingt minutes plus tard, le charter [de Harry] atterrissait enfin.” Et toujours selon l’auteur, les prétendues sources de Buckingham qui ont affirmé que Charles avait transmis la nouvelle à son fils cadet, sont fausses.
Ensuite, avant, pendant et après les funérailles, l’ambiance est restée glaciale : ni William, ni Kate ne s’adressent aux Sussex, bien qu’ils opèrent ensemble une sortie pour saluer le public.
L’unité démontrée par la famille royale pendant ces jours de deuil n’aurait été que de façade : deux ans après leur départ pour le Canada puis la Californie, Meghan et Harry sont toujours considérés comme des paria aussi-bien par Charles III et Camilla que par William et Kate.
D’ailleurs, cette dernière ne voudrait plus entendre parler de Meghan. Elle ne lui aurait plus adressé par parole depuis 2019.
Racisme
Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos découvertes. Une polémique sur le racisme de la famille royale à l’encontre Meghan fut ravivée hier, après la sortie en librairie de l’édition néerlandaise d’Endgame. Dans cette édition traduite de l’anglais, figure un passage faisant mention de remarques racistes émises par “deux membres éminents de la famille royale“, qui auraient spéculé sur la couleur de peau du premier enfant à naître de Meghan, Archie, qui a aujourd’hui 4 ans. Elément étrange : ces noms sont absents de l’édition britannique.
Mercredi soir, Piers Morgan, le présentateur vedette de la chaîne d’info britannique, Talktv, a révélé l’identité des deux personnes visées par l’accusation : “le roi Charles et Kate, la princesse de Galles”.
Outre leur gravité, plus graves encore sont les circonstances dans lesquelles des noms furent dévoilés : dans une édition étrangère, qui donc été modifiée par rapport à l’original. Mais comment est-ce possible ? Quelqu’un en Grande-Bretagne a-t-il opéré une censure sur l’édition anglaise ? Omis Scobie aurait-il ordonné un changement de dernière minute à l’éditeur néerlandais ? Depuis, ce dernier a retiré les livres de la vente, a d’abord invoqué une “erreur de traduction”, avant de se rétracter, en parlent, simplement “d’une erreur”. Bizarre non ?
Dans un entretien accordé à la chaîne néerlandaise RTL Boulevard, Omid Scobie nie pourtant être à l’origine de ce rajout : “La version que j’ai produite ne contient aucun nom à l’intérieur. N’ayant écrit que la version anglaise éditée d’Endgame, je ne peux que commenter sur ce manuscrit — qui ne mentionne pas les individus ayant pris part à la conversation.“
Mais qui serait alors le responsable de cette “erreur” impromptue, aux conséquences si dramatiques ? Eh bien, hormis l’auteur, une source proche des Sussex, le traducteur, ou l’éditeur, il paraît difficile pour de trouver d’autres coupables.
Il faut d’ailleurs rappeler que les accusations de racisme de Meghan envers la famille royale sont anciennes. Dans le fameux documentaire de la vedette américaine, Ophra Winefry, diffusé sur Netflix en mars 2023, Meghan opère la même accusation que celle du livre, mais refuse de donner les noms des personnes visées. Mais chose étrange, quelques mois plus tard, Harry, interviewé dans un autre documentaire, a entièrement rejeté les accusations de son épouse : “c’est la presse qui l’a affirmé” a-t-il affirmé sans rougir.
Des sources et des méthodes qui interrogent
Omid Scobie insiste sur le fait qu’il ne possède aucun lien avec le couple exilé, en particulier Meghan : “Non, je ne suis pas son ami. Je ne l’ai jamais interviewé pour ce livre” assurait-t-il dans un entretien accordé cette semaine au quotidien britannique Times.
Mais comment Scobie a-t-il pu obtenir autant d’informations sans jamais avoir recours aux Sussex ?
La réponse, il ne la donne que partiellement : “J’ai des amis communs avec [Meghan] et cela m’a certainement aidé à obtenir des informations sur des détails inédits” confie-t-il encore au Times.
Une chose est certaine : il a au moins interviewé des individus de l’entourage du couple qui veulent règler leurs comptes avec la famille royale et rien n’exclut que ces personnes n’aient reçues des indications de Meghan. C’est ce qui s’est produit par exemple en 2020, pour le premier livre d’Omid Scobie, Finding Freedom, pour lequel Omid Scobie a reçu des indications de Meghan pendant qu’il écrivait ce livre.
Ce nouvel ouvrage à ragots ne contribuera sûrement pas à améliorer l’image des Sussex, dont l’image victimaire ennui le public britannique. Peut-elle favoriser l’image de la firme, six mois après la publication des mémoires de Harry, Spare ? Tout dépendra de la manière dont Buckingham gèrera sa communication dans les heures et les jours à venir et cela s’annonce complexe.

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