Grande-Bretagne : Rishi Sunak réaffirme son autorité

Grande-Bretagne : Rishi Sunak réaffirme son autorité

Après l’exclusion de sa ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, doit désormais se battre pour rétablir un semblant d’unité dans son parti : une tâche loin d’être aisée…


L’éviction de Suella Braverman, la tonitruante ministre de l’Intérieur britannique, a fait douter nombre de députés conservateurs sur la volonté de Rishi Sunak de poursuivre l’agenda anti-immigration porté par son ancienne ministre. Mme Braverman, a montré une ferme volonté d’arrêter l’immigration illégale.

Seulement voilà, sa tribune du 11 novembre dans le Times de Londres, dans laquelle elle déplore l’autorisation des manifestations propalestiniennes le 12 novembre par la police, était la goutte d’eau qui fit déborder le vase. En accusant la police de complaisance à l’égard des minorités de gauche, la ministre de l’Intérieur s’est mis une partie des Tories à dos. De plus, en refusant d’appliquer les modifications suggérées par Downing Street, elle a commis un acte de rébellion. C’était le 8 novembre novembre, quelques jours avant les commémorations des soldats morts au combat. En mettant au défi l’autorité du Premier ministre, elle s’est elle-même éjectée de son poste, qu’elle a quitté lundi dernier.

David Cameron au gouvernement : le coup de poker de Rishi Sunak

À cours de ressources compétentes ou volontaires pour intégrer le gouvernement, Rishi Sunak a opéré un coup de surprise ce lundi, en faisant entrer au gouvernement l’ancien Premier ministre David Cameron. Personne ou presque ne s’y attendait et pourtant, les motifs pour une telle nomination sont compréhensibles. Suella Braverman était certes appréciée par une partie des députés conservateurs et du grand public, mais elle faisait gronder les centristes de son parti, qui jugeaient son ton jugé trop « cash ». Réintégrer Lord Cameron, un conservateur prudent et un homme d’expérience, était le moyen de donner une image plus consensuelle de son gouvernement auprès de sa majorité.

Par ailleurs, le nouveau ministre de l’Intérieur, James Cleverly, promet d’être plus modéré que son prédécesseur, du fait de son style policé et de son langage très diplomatique. Il lui revient de faire aboutir le projet d’envoie des migrants illégaux au Rwanda (« Rwanda plan »), que la Cour Suprême britannique a récemment jugé « unlawful », non-conforme à la loi.

Que faire ?


En intégrant David Cameron au gouvernement, Rishi Sunak joue sa dernière carte. Le Premier ministre, dont l’autorité est fragilisée par ce remaniement ministériel, ne peut plus souffrir de rébellion interne d’ici les prochaines élections. D’ailleurs, les députés tory n’en veulent sûrement pas une de plus. Au vu de sa lettre démission, il est clair que Mme Braverman prépare sa prochaine campagne pour prendre le tête du Parti conservateur. Mais elle en est consciente, son heure n’est pas encore venue et sa capacité à soulever une rébellion est faible.


Désormais, pour reconstruire sa crédibilité Rishi Sunak doit démontrer qu’il est capable de tenir ses engagements en matière d’immigration. Le règlement de la question économique est sur la bonne voie. En novembre 2022, M. Sunak s’était fixé pour objectif de diviser l’inflation par deux : c’est chose faite. En un an, elle est passée de 10% à 4,6%. Mais plus encore que l’inflation, la question migratoire est au sommet des préoccupations des Britanniques. Si le Premier ministre parvient à faire labelliser le Rwanda comme « un pays sûr », via un texte de loi, grandes sont les chances que le « Rwanda plan » puisse enfin entrer en vigueur, quoi qu’en dise la CEDH.

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